Du théâtre Anabasis aux carnets de Sarah Wankler
Une artiste strasbourgeoise
Strasbourg le 5 janvier 2008
Les Foirades : la première période
Je rappelle succinctement.
Les Foirades furent créés par Marc Lador, Michel Froehly et Pascale Spengler en 1987.
Marc Lador en nommant le collectif « Les Foirades » inscrira une référence très forte à Monsieur Samuel Beckett.
Nous avons été amenés à ne pas nous accrocher aux lieux institutionnalisés pour mieux cheminer vers l’inconnu.
La réputation du Collectif fut celle de prendre des risques dans l’atypique— hors des sentiers balisés de la création théâtrale.
Chaque projet fut une aventure —riche de la précédente.
Michel Froehly a dirigé en tant que metteur en scène le Collectif jusqu’en 1990.
Les Foirades : la deuxième période
J’ai pris le relais en 1991.
J’ai dirigé cette structure jusqu’à ce jour.
La Fabrique de théâtre 13 rue de Phalsbourg à Strasbourg
En 1996, la Ville de Strasbourg a mis à la disposition des Compagnies indépendantes strasbourgeoises la Fabrique de théâtre des locaux de répétitions et des bureaux. Depuis 1998 le Collectif bénéficie de la mise à disposition d’un bureau en contrepartie d’un loyer dérisoire.
Le fonctionnement interne
Je suis assistée par une équipe de collaborateurs artistiques, une sorte de conseil des sages très sensibles à mon travail.
Gérard Spengler m’a secondée depuis l’origine dans la gestion et la direction administratives des projets.
Barbara Hill notre chargée de production témoin de l’histoire des Foirades à ses débuts m’a toujours écoutée, conseillée, encouragée, soutenue.
Gaston Jung ancien directeur des Drapiers, professeur à la retraite de scénographie, de dramaturgie, chargé de diriger des exercices d’élèves en tant que metteur en scène à l’Ecole du TNS, à l’INSAS, à la Villa Arson à Nice, m’a transmis son expérience, son rapport au théâtre, à la littérature, à l’écriture, à l’Histoire(s).
Monique Bessing, Présidente du CA des Foirades m’a beaucoup aidé à tenir mon rôle de directrice artistique des Foirades face aux Emplois Jeunes.
Jean-Louis Boucher, scénographe, grand lecteur d’art contemporain suit mon travail avec attention et m’aide dans ma culture générale. Nous avons une passion commune pour le cinéma et les livres de science fiction.
La création d’un poste d’emploi jeune en 1999
Nous avions créé ce poste en 1999. Nous l’avons interrompu vers la fin février 2005 pour des raisons budgétaires.
C’était un des premiers postes permanents de la structure.
Ce poste a nécessité une adaptation structurelle conséquente de la part des Foirades.
Il m’a demandé d’être très disponible pour encadrer les personnes en charge de cette fonction.
Elles demandaient à être formées et n’avaient guère d’expérience.
Souvent des structures comme la nôtre leur servait de tremplin pour postuler chez d’autres entreprises culturelles plus importantes que la nôtre.
Nous avions privilégié la recherche plutôt que la rentabilité.
Nous n’étions pas assurés de pouvoir poursuivre. Tout projet était une nouvelle aventure et nous remercions les organismes de tutelle de nous avoir soutenu en nous témoignant qu’ils nous accordaient leur confiance jusqu’à présent sans faillir.
Nous remercions les personnes qui ont rempli de médiateur culturel pendant des périodes plus ou moins longues : Mathilde Viard, Corinne Maury, Julien Haraux
Je travaille en équipe en exploitant au mieux notre structure associative.
Définir un règlement intérieur
Préciser les objectifs de la direction artistique
Faire circuler optimalement les informations
Réunir régulièrement le Conseil d’administration
Le consulter en cas de litige avec le personnel artistique
Lui soumettre les projets
Demander des conseils
Prendre les décisions en équipe
Les Foirades : la troisième période
Les nouvelles technologies à partir de 2003
La rencontre avec El Abassi Benamghar et Arnaud Weber du Collectif Insight ont amorcé un nouveau virage dans l’itinéraire du Collectif : la recherche et le développement des nouvelles écritures scéniques.
El Abassi Benamghar m’a appris à maîtriser et à utiliser le langage informatique. Le séjour en Serbie a été facilité grâce à ma connaissance de la communication à distance avec la France et réciproquement avec la Serbie.
Nous avons produit nos propres archives visuelles. Elles rendaient compte de nos productions à nos institutions de tutelles qui finançaient ce projet.
Ces outils modifient mon rapport à l’image au texte à relation humaine à la frontière géographique.
J’explore un nouvel espace virtuel. Je m’autorise des ouvertures et des collaborations internationales. Je me familiarise avec un nouveau langage. J’ai introduit progressivement ces nouveaux outils dans nos productions théâtrales. J’ai médiatisé notre travail en ayant recours au réseau informatique de diffusion Internet Network sur le World Wide Web.
Je me reconnais actuellement en tant que : Laboratoire de recherche et de développement de nouvelles écritures dramatiques et scéniques.
La marque de fabrication du Collectif est de nous situer dans des zones de recherche avec des chercheurs de langages — des producteurs de nouvelles formes de représentation — la caractéristique n’est pas de vouloir être spectaculaire à tout prix au contraire — mais plutôt de mettre en avant notre nécessité de subtilité — de mobilité — de métamorphoses, artifices auxquels nous avons souvent recours.
En 2005-2006 j’ai accompagné en assurant la direction artistique de certains projets professionnels du Collectif Autre Direction (un collectif constitué par deux fabricants d’objets poétiques et d’un musicien-diplômés depuis 2005 de l’Ecole Supérieure des Arts décoratifs de Strasbourg).
Thomas Feuillet et Germain Rolandeau étaient deux de mes anciens élèves. J’ai pu découvrir et apprécier leur travail quand j’étais chargée de cours à l’École Supérieure des Arts décoratifs de Strasbourg (2002-2005/changement de Direction).
Nous avons essayé de croiser nos savoirs-faire à l’intérieur de Laboratoires que nous intitulions :
« Zones de recherche pour chercheurs de langage scénique » ouvert aux publics car nous cherchions avec le public, en nous y confrontant quotidiennement.
La manière de mettre en jeu le public constitue l’enjeu principal de ses écritures scéniques—Sortir le spectateur de sa passivité afin qu’il ne soit pas pris en otage et de lui offrir l’opportunité de pouvoir être quelquefois acteur—.
Leur projet de Livre architectural à Thomas et Germain , voir plan ci-joint m’avait particulièrement séduit.
L’écriture d’un texte avec ses zones d’improvisation avec un public, sa grammaire, son alphabet, son articulation, sa diction, s’élabore en intime relation avec les spectateurs.
Le dispositif scénique sous forme de chapiteau (une jauge maximale d’une cinquantaine de spectateurs) détourne la conventionnelle relation frontale du rapport acteur-spectateur. Le spectateur quitte sa posture de voyeur, de consommateur en devenant par intermittence un acteur pendant le déroulement de l’atelier d’écriture participative.
Et pour finir 2007, 2008,… je suis en recherche de ma propre langue. Avec les artistes qui me suivent ou participent à ma démarche depuis quelques années à travers les Carnets de Sarah Wankler mon projet en cours de nommer le monde qui nous et la relation que nous avons avec lui…